LAIT À BRODER

Dictionnaire d’Argot Fin-Dd-Siecle · 1894 · p. 3
: Encre. Dans les prisons, quand le lazagneur écrit une lettre pour un camarade, il dit qu’il se sert du lait à brod an cher pour attendrir celui à qui on écrit. Brod an cher pour broder . Encre est ici une figure, car souvent c’est le lait qui en sert. Dans les prisons on sait que toutes les lettres des déten us adre ées à des parents ou à des amis pa ent par le greffe. Le greffier ou le direct eur lit la lettre et si elle ne contient rien de contraire au règlement il la vise par ce signe: V. Le plus grand souci des prisonniers est d’éviter cette formal ité gênante surtout si la lettre est adre ée à un complice. Alors ils emploient le lait pour écrire entre les lignes écrites à l’ encre . Pour cel a il faut du lait écrémé et du papier non glacé, parce que l’écriture sera it gra e, brillante et la supercherie sera it apparente. Pour faire apparaître l’écriture il suffit de frapper forte ment la lettre avec un chau on plein de pou ière; la pou ière s’attache aux caractères qui deviennent lisibles. Autrefois dans les prisons on se servait d’oignons, mais le truc fut découvert, on n’en vend plus dans les can tines, tandis que l’on y trouve du lait (Argot des voleurs). N.
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